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enjeux
Levier de croissance

Fibre optique :
en avant toute !

© Thinkstock

Raccordement de deux fibres optiques par soudure.

Les usages de demain passeront par des réseaux à très haut débit (THD). Alors que les foyers accélèrent leur raccordement à la fibre optique, l’enjeu pour les installateurs est désormais de se former pour être en mesure de se positionner sur un marché de 27 millions de logements.

4,1 millions de foyers français sont désormais raccordés au très haut débit via la fibre optique, parmi lesquels 935 000 ont souscrit un abonnement auprès d’un opérateur. Avec une augmentation de 67 % en un an, ce chiffre témoigne de l’accélération de l’équipement du pays en fibre optique.
Porté par l’État, le Plan France Très Haut Débit vise à couvrir intégralement le territoire en très haut débit d’ici à 2022, dont 80 % des logements en fibre jusqu’à l’abonné ("Fiber to the Home"). Un objectif intermédiaire de 50 % de foyers équipés en THD est fixé pour 2017. Les enjeux sont immenses, à la fois en termes d’investissements, de développement industriel et de levier de croissance pour les entreprises. D’ici 2022, 20 milliards d’euros vont être investis par les collectivités territoriales et les opérateurs de télécommunications pour réaliser ce chantier titanesque. Après les grandes villes, les villes moyennes sont aussi en train d’être équipées. Les territoires ruraux vont prendre le relais progressivement.

Permettre les usages de demain

Pour la filière électrique, l’enjeu est capital : il s’agit de permettre et d’accompagner le développement d’usages numériques multiples et simultanés au sein des foyers. Télévision ultra haute définition, partage de données, jeux en réseau, multiplication des objets connectés se démocratisent. Les réseaux doivent pouvoir faire face à la demande des consommateurs. Demain, la généralisation de l’accès au THD apportera des solutions en matière de formation, de télétravail et d’autonomie à domicile.
La France dispose d’une filière d’excellence en matière de réseau à très haut débit. Les industriels ont réalisé de gros investissements pour adapter leurs capacités de production, le cadre réglementaire et politique est en place. Les fabricants de matériels électriques et de câbles, les installateurs et les principaux opérateurs se sont regroupés au sein de la plateforme Objectif Fibre afin de relever le défi ensemble.

Monter en compétences

Selon une étude prospective(1), 20 000 emplois seront nécessaires d’ici à 2022 pour équiper les 27 millions de logements concernés. Des centres de formation se développent dans toute la France, à la fois en formation initiale et professionnelle, pour former aux métiers du FttH. Sous l’impulsion d’Objectif Fibre, des compétences ayant trait à la fibre optique vont être ajoutées par l’Éducation nationale dans les référentiels des diplômes des filières électroniques, du CAP au BTS. Des fiches sur les métiers concernés ont également été définies (accessibles sur le site d'Objectif Fibre).
Le développement du très haut débit apporte de réelles opportunités aux installateurs électriciens. Ils installent la fibre optique dans les parties communes des bâtiments collectifs, jusque dans les logements, pour permettre le raccordement des abonnés (voir encadré). Dans l’habitat existant, les opérateurs de télécommunications sont responsables de l’installation, mais les opportunités existent en sous-traitance. Dans le neuf, le maître d’ouvrage peut confier le lot "Électricité courants faibles" à des entreprises de petite et moyenne taille.
L’enjeu pour les installateurs est de monter en compétences. La fibre optique n’est pas un conducteur traditionnel, mais un produit technologique qui nécessite des compétences spécifiques, un goût pour les produits technologiques et pour le travail minutieux. Car au-delà de la formation des hommes et des femmes, c’est bien la qualité des installations qui permettra à ce nouveau marché de se développer à la hauteur des opportunités prévues, l’essentiel étant d’éviter les contre-références. Pour saisir ces opportunités, les installateurs ont une carte à jouer.


(1) « Chantier de la fibre optique : un potentiel de mobilisation de plus de 19 000 emplois d’ici à 2022 » - Ministère du Travail et de l’Emploi, Objectif Fibre, Constructys - janvier 2014.

Plus de 19 000 emplois (équivalents temps plein) pourraient être mobilisés d'ici à 2022 pour les chantiers de la fibre optique.

*Fiber to the Home.
Source : « Chantier de la fibre optique : un potentiel de mobilisation de plus de 19 000 emplois d’ici à 2022 » - Ministère du Travail et de l’Emploi, Objectif Fibre, Constructys – janvier 2014.

Les familles de métiers qui intéressent les installateurs

• Travaux sur la colonne montante (hors génie civil)
Il s’agit de l’ensemble des métiers concernés par la réalisation opérationnelle des travaux de fibrage dans les immeubles. Le degré de polyvalence et de multi-compétences sera lié à la volumétrie des travaux.
Les cinq métiers les plus fréquemment cités :
- poseur ;
- tireur de fibre, soudeur ;
- raccordeur (ou soudeur optique) ;
- technicien de raccordement (ou technicien fibre optique) ;
- responsable de chantier.

• Travaux de raccordement chez l’abonné
Il s’agit de la pose finale de la fibre chez l’abonné (jusqu’au point de raccordement dans le cas des maisons). Le degré de polyvalence et de multi-compétences sera lié à une volumétrie des abonnements à la fibre.


Source : « Les besoins en formation, emplois et compétences liés au déploiement de la fibre optique » - Ministère du Travail et de l’Emploi, Objectif Fibre, Constructys - octobre 2014.

Déploiement de la fibre optique : les chiffres

• Fin 2014 : 3,1 millions d’abonnements internet sont à très haut débit (+ 50 % en un an) dont 935 000 via les offres en fibre optique de bout en bout (FttH) (+ 67 % en un an).
• Le taux d’abonnement au THD via une offre FttH atteint 23 % (+ 4 points en un an).
• 13,3 millions de logements (+ 20 % en un an) étaient éligibles au THD, dont 4,1 millions via des offres FttH (+ 37 % en un an).


Source : Résultats de l’observatoire ARCEP du marché des communications électroniques en France au 31 décembre 2014.

Maurice Pinkus
Rapporteur du groupe de travail formation d’Objectif Fibre, directeur Emploi-Formation, FIEEC(1)
« Penser aux marchés et former les hommes »

Association Promotelec : Pour les installateurs électriciens, l’enjeu est-il plutôt dans le neuf ou l’existant ?
Maurice Pinkus : En volume, l’existant est le plus intéressant, d’autant que la construction de logements neufs n’est pas forcément au beau fixe. L’habitat existant est le plus compliqué en termes d’installation car il faut faire avec ce que l’on trouve en termes de colonne montante, de câbles déjà installés, de conduits. La prise d’affaires est également plus difficile puisqu’il faut négocier avec les syndics, en particulier.

Comment intéresser les installateurs à ce marché ?
M. P. : Toutes les entreprises d’installation ne doivent pas nécessairement se positionner. C’est leur choix de le faire ou pas sur ce marché très clairement en développement. Ce n’est un pari, car le marché existe incontestablement. Les premières entreprises qui investiront sur les compétences à acquérir en la matière seront privilégiées par la suite lors des appels d’offres.

Où en est l’offre de formation ?
M. P. : Objectif Fibre a déjà référencé 11 centres de formation, qui commencent à bien couvrir l’ensemble du territoire. Les régions Rhône-Alpes/Auvergne et Île-de-France sont les mieux représentées. Plusieurs centres de l’AFPA sont déjà référencés. Des projets à l’Est sont sur le point d’aboutir, notamment le centre AFPA de Golbey, près de Metz.

À quelle échéance faut-il se former ?
M. P. : Ça ne sert à rien de le faire trop tôt. En revanche, si on a l’opportunité de prendre des marchés il faut y penser et préparer les hommes qui interviendront. Dès lors qu’on s’engage, qu’on répond à des appels d’offres, il faut aussi s’engager dans la formation des hommes. L’étude de 2014(2) montre que la courbe de croissance atteint un pic jusqu’en 2019. Les premiers suivis que nous avons réalisés nous confirment que nous sommes en phase, à la fois sur les objectifs et sur la montée en charge en termes d’emplois à mobiliser et de marchés.

Combien de temps faut-il pour se former ?
M. P. : Tout dépend des compétences déjà acquises. S’il s’agit de former un salarié de l’entreprise qui est déjà électricien, la formation va demander quelques semaines. Si le salarié travaille déjà dans le secteur des télécoms, quelques jours de formation suffisent. Par contre, si on ne connaît rien du tout à la fibre et qu’on veut s’y mettre, il s’agit plutôt d’une formation en alternance de quelques centaines d’heures. En général, on embauche des jeunes ayant déjà suivi un Bac Pro Eleec (électrotechnique, énergie, équipements communicants), par exemple.

Pascal Carcaillon
Délégué général, réseau Ducretet(3)
« Ne pas laisser le métier à d’autres »

Association Promotelec : Beaucoup d’installateurs électriciens se forment-ils à la fibre optique ?
Pascal Carcaillon : Les gens qui se forment sont essentiellement des TPE et PME déjà sous-traitantes d’opérateurs de rang 2 ou 3, qui interviennent pour la plupart dans le cadre des services clients pour les raccordements et les mises en service de box. Certains viennent des courants faibles ou sont antennistes, électriciens ou parfois intégrateurs.

Quels sont les freins à lever ?
P. C. : La première des difficultés est de trouver les formations adaptées. Objectif Fibre a réalisé une brochure pratique sur cette offre. Outre cette initiative, le SERCE a créé un Certificat de Qualification Professionnelle "Monteur raccordeur FttH", qui est mis en œuvre depuis le mois de décembre, notamment dans notre réseau. Grâce à eux, l’offre est désormais structurée, qualitative et certifiée.

Quels sont les besoins des entreprises en formation ?
P. C. : Pour les salariés qui connaissent déjà les réseaux Ethernet ou l’ADSL, une formation d‘adaptation est nécessaire pour découvrir les bases des réseaux câblés FttH. On peut cumuler des stages de courte durée, de 1 à 4 jours, pour obtenir les compétences nécessaires. Pour ceux qui veulent démarrer dans le raccordement, un stage d’une semaine permet déjà d’acquérir les compétences essentielles. On peut monter en compétences et viser un diplôme sur plusieurs mois ou plusieurs années en suivant des stages à la carte et en créant son propre parcours en fonction de ses besoins et de ceux de l’entreprise.

Quels conseils donner aux installateurs ?
P. C. : C’est surtout une question de potentiel car travailler la fibre nécessite beaucoup de méticulosité. À partir du moment où l’on a cette qualité, comme tous les métiers, cela s’apprend. L’artisan électricien a des compétences qui l’avantagent par rapport à des entreprises qui démarrent ex nihilo. La fibre optique apporte une bonne diversification du métier.

Quand faut-il se former ?
P. C. : Sur le court terme, c’est le moment de se former. Le marché décolle, même s’il est encore un peu aléatoire. Il y a de l’activité, des chantiers privés ou publics dans les régions. Après, c’est tout le talent de l’entreprise de sécuriser les contrats qu’elle va pouvoir obtenir de tel sous-traitant ou opérateur. Nous formons beaucoup de TPE et PME qui travaillent pour les opérateurs. Je pense que c’est une question de stratégie, de volonté. Il ne faut pas laisser le métier à d’autres, comme c’est le cas actuellement parce qu’il n’y a pas suffisamment de compétences.



Jean-Pierre Bonicel
Président de la plateforme Objectif Fibre, directeur développement produits, Prysmian Group
« Multiplier par deux le rythme actuel de déploiement »

Association Promotelec : Quelle est la situation de la France en matière d’équipements en fibre optique ?
Jean-Pierre Bonicel : La progression est très sensible depuis la fin 2011. Nous assistons à une augmentation de la demande en fibre et donc de la livraison en fibre aux opérateurs. Nous avons eu quelques inquiétudes au cours de l’année passée car la progression avait été rapide, mais aujourd’hui les industriels font face.

Quel est le challenge pour les industriels ?
J.-P. B. : Il y a peu de fibreurs. Prysmian, produit la fibre optique de A à Z , c’est-à-dire à la fois les pré-formes - des barreaux de verre de 150 mm de diamètre et de 1,50 m de long dans lesquels on peut tirer 1 500 ou 2 000 km de fibres - et la fibre optique. Il a fallu augmenter les capacités de production et engager d’importants investissements dans notre usine de Douvrin (France). Acome dispose aussi d’une unité de fibrage.

Le rythme de déploiement actuel est-il suffisant ?
J.-P. B. : Nous sommes satisfaits de l’évolution du déploiement. Néanmoins, si l’on veut atteindre l’objectif fixé par le gouvernement de 80 % de couverture FttH en 2022, le rythme actuel de la progression d’abonnés raccordables est largement insuffisant. Il faudrait le multiplier par deux pour atteindre quasiment 12 millions de km de fibre déployés par an au lieu des 6 millions actuels.

Comment accélérer le déploiement de la fibre ?
J.-P. B. : Certains opérateurs se sont engagés dans cette direction de manière très ferme. Ce mouvement reste à confirmer par l’ensemble d'entre eux. Pour ce qui concerne les réseaux d’initiative publique (RIP), 84 dossiers de départements ont été soumis au Fonds national pour la société numérique, qui va déployer les 3,3 milliards de subvention accordés par le gouvernement. Lorsque ces dossiers seront en phase active de réalisation, nous assisterons à une accélération certaine du déploiement, je pense à horizon fin 2015 / début 2016. Il est important que les gros opérateurs qui répondent aux réseaux d’initiative publique continuent dans cette dynamique.

Quel a été le rôle de la plateforme Objectif Fibre ?
J.-P. B. : Les travaux entrepris par la plateforme Objectif Fibre en faveur de la standardisation, de l’homogénéité, de la qualité et de la simplification des réseaux, de la formation et de la normalisation, contribuent en grande partie à améliorer la facilité, le coût, la qualité du déploiement et de la maintenance. Tout cela est lié. Après une phase de dérégulation il s’est avéré utile de repenser le déploiement des réseaux FTTH dont la structure, l’architecture et la pérennité doivent répondre aux attentes des opérateurs. Cela a été très long à rentrer dans les mœurs, mais la dynamique est engagée.

(1) Fédération des industries électriques, électroniques et de communication.
(2) « Chantier de la fibre optique : un potentiel de mobilisation de plus de 19 000 emplois d’ici à 2022 » - Objectif Fibre, Ministère du Travail, de l’Emploi, de la Formation professionnelle et du dialogue social, Constructys - janvier 2014.

(3) Référencé par la Plateforme Objectif Fibre, le Réseau Ducretet est une association loi 1901 qui propose des stages de perfectionnement ainsi que des cursus de formations diplômantes préparant à des Titres certifiés ainsi qu’au Certificat de Qualification Professionnelle du SERCE. Pour plus d’informations : www.ducretet.net.

Où se former ?

Onze centres de formation proposant une spécialisation sur les métiers du déploiement et de la maintenance des réseaux FttH ont été référencés par la Plateforme Objectif Fibre, sur la base d’un cahier des charges précis établi par la filière optique. Ils proposent tous des modules de formation continue pour les professionnels, incluant notamment la mise en œuvre du raccordement de colonnes montantes d’immeubles en fibre optique, l’installation et le raccordement des abonnés en fibre optique.

• AFPA - Saint-Jean-de-Védas (34), Rennes (35), Hazebrouck (59) et Champs-sur-Marne (77)
Tél. : 08 26 46 14 14 - www.afpa.fr

• CCIT du Cantal - Aurillac (15)
Tél. : 04 71 45 40 68 - www.formationfibreoptique.fr

• CFP des Lacs d’Essonne - Grigny (91)
Tél. : 01 69 56 91 91

• Formapelec - Dardilly (69)
Tél. : 01 49 08 03 03 - www.formapelec.fr

• GRETA industriel de l’agglomération lyonnaise - Lyon (69)
Tél. : 04 78 78 84 93 - www.gial.fr

• Novea - Mortain (50)
Tél. : 02 33 79 51 40 - www.fibreoptiquenovea.com

• Réseau Ducretet - Clichy (92)
Tél. : 01 47 30 74 30 - www.ducretet.net

• CFA Ducretet Rhône-Alpes - Vénissieux (69)
Tél. : 04 72 50 50 00 - www.ducretet.net

Pour en savoir plus, téléchargez la brochure d’Objectif Fibre sur l’offre de formation aux métiers du déploiement et de la maintenance des réseaux en fibre optique jusqu’à l’abonné (FttH)

Zoom sur… Guides pratiques Objectif Fibre



La plateforme Objectif Fibre a publié trois référentiels techniques, sous forme de guides pratiques, pour l’installation de la partie terminale d’un réseau en fibre optique :
- Guide pratique pour l’installation d’un réseau en fibre optique dans les immeubles neufs à usage d’habitation ou à usage mixte.
- Guide pratique pour le raccordement des maisons individuelles neuves au réseau en fibre optique FttH.
- Guide pratique pour le raccordement des locaux professionnels au réseau en fibre optique FttH.
Ces trois guides sont disponibles en téléchargement gratuit sur le site http://www.objectif-fibre.com/bonnes-pratiques-professionnelles

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